Poursuivant notre revue de l’actualité sportive, le récent titre de la BBC Les experts en données deviennent les meilleures recrues du footballmet en évidence la façon dont de plus en plus de clubs tirent parti des données scientifiques et d’un meilleur accès aux nouvelles technologies pour devenir plus compétitifs. Les clubs du monde entier s’y sont mis aujourd’hui, mais la question la plus importante est “Pourquoi le font-elles ?” 

En un mot, l’économie.

En raison du COVID-19, les clubs ne peuvent plus dépenser des millions sur de nouveaux talents, ils cherchent donc à tirer le meilleur parti de leurs ressources limitées. Les transferts de Paul Pogba (95 millions de livres sterling) ou de Joao Felix (113 millions de livres sterling) ne sont plus qu’un lointain souvenir, car aujourd’hui, pour des fractions de ces sommes, les équipes peuvent acquérir des talents, des technologies analytiques et obtenir un meilleur rendement des joueurs qu’elles possèdent déjà.

Il ne faut pas un doctorat en mathématiques pour comprendre l’apport du programme “Performance Intelligence, Technologie et Talent”: un club qui ne peut pas dépenser 50 millions de livres sterling pour un nouveau joueur peut être tout à fait disposé à dépenser 100000 £ pour maximiser ceux qu’il possède déjà. C’est-à-dire exploiter les données du club pour développer des formations plus solides sur le terrain, promouvoir le plein potentiel d’un jeune talent ou anticiper et atténuer les blessures pendant des séquences de matches rapprochésCela permet aux clubs au budget limité de réaliser des bénéfices marginaux plus importants par rapport au coût, et peut-être avec moins de risques. Il convient également de mentionner que “Performance Intelligence” fonctionne tout au long de l’année; les clubs peuvent embaucher des experts talentueux ou intégrer une technologie plus performante à tout moment de la saison, sans attendre les périodes de transfert. 

La course à l’Expertise des Données

Comme le souligne la BBC, nous constatons que la mise en place du programme “Performance Intelligence” se manifeste de manière particulière avec les investissements accrus des clubs dans les data scientists.

La signature par Manchester City de l’expert en données Laurie Shaw l’année dernière a certainement fait les gros titres, mais des recrutements moins médiatisés ont lieu dans le monde du sport de haut niveau, dans des organisations de toutes tailles. Comme l’a récemment observé Trevor Watkins de l’AFC Bournemouth:


Il est essentiel d’avoir accès à des personnes capables de comprendre ces données… [c’est] la caractéristique la plus sous-estimée du football.

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Il a raison, et à mesure que la course à l’armement s’intensifie, la concurrence pour cette expertise ne sera pas moins féroce que pour les joueurs. Elle ne se déroulera peut-être pas sur le terrain, mais c’est là que les gagnants verront le retour sur investissement. 

Oui, mais les investissements dans la technologie et les talents ne garantissent pas à eux seuls les performances

La “Performance Intelligence” peut permettre aux équipes de se doter de plus de technologie et d’embaucher des analystes très compétents, mais le simple fait de disposer d’outils ou de talent ne se traduira pas automatiquement par une meilleure performance sur le terrain. 

À l’ère de la “Performance Intelligence”, les clubs couronnés de succès seront ceux qui s’aligneront autour de leurs données pour renforcer leurs instincts. Ils apporteront des changements systémiques à leur mode de fonctionnement au quotidien, de la salle de réunion au vestiaire. En effet, au bout du compte, gagner des matches n’est pas uniquement une question d’économie, mais de performance. Les clubs qui garderont cela à l’esprit seront mieux placés pour tirer parti du premier élément pour atteindre le second.  

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